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Propulsion d’une controverse

La Fondation de l’Université Laval, institution noble et vénérée dans le secteur de l’enseignement supérieur francophone, a tout récemment lancé sa campagne de financement en grande pompe. Le tout appuyé d’une campagne publicitaire très visible dans les quotidiens de la région et une variété d’autres supports.
Mais voilà que le visuel chapeau de cette campagne s’est fait interpellé avec émotion sur les réseaux sociaux. Le visuel de l’Alérion (partie intégrante des armoiries de l’Université) qui s’élève au-dessus de la mêlée,  symbolisant la propULsion, la réussite et les visées de la campagne, s’est rapidement vu comparée avec une photo du pavillon de l’Allemagne de l’exposition universelle de Paris de 1937.
Et on ne peut le cacher, la ressemblance y est.

Dans le temps de le dire, les commentaires fusaient. « Honte, horreur, comment peuvent-ils, manque de civilité, etc. ». La controverse était née. Assez qu’elle fut reprise par les principaux médias sur leurs feed Twitters, Facebook et différents bulletins de nouvelles.

Evidemment, le fait que ce soit une université qui soit au cœur de la tourmente est ce qui dérange le plus. Ceci eut été le fruit d’un commerçant, d’une petite entreprise ou autre que la controverse aurait été sans doute beaucoup moins virile.

Mais c’est une université à qui on impute l’erreur. Un temple du Savoir. Une université qui se doit de promouvoir un code d’éthique sans faille, des valeurs axées sur l’ouverture et ce qu’il y a de mieux en l’humanité. Elle n’a pas le droit à cette erreur. Du moins, dans le conscient collectif.
La bonne nouvelle est que l’Université Laval a tout de suite réagi avec un mea culpa sincère et a demandé à son agence de revoir le tout illico. Ce que cette dernière a fait en un tour de main avec précision et intelligence pour remettre la campagne sur les rails you could check here. Et nul doute que d’ici une journée ou deux, tout ceci sera oublié et la campagne de financement reprendra son élan.

ÉDUQUER OU CONDAMNER

Mais dans notre monde de réseaux sociaux où nous sommes tous juge, jury et bourreau, on semble vouloir condamner ou du moins viser un coupable quelconque. Question de pouvoir clore le dossier.

On pourrait blâmer l’équipe de création de l’agence pour son manque de discernement et de culture générale pour ne pas avoir vu le lien sur le champ, ou encore le service-conseil qui n’a pas vu l’erreur et a tout laissé passer, et même les différents intervenants du côté de l’Université qui eux, sages érudits et gardiens à tout jamais du savoir, n’ont rien vu passer non plus…
Ils ont sans doute tous une certaine part de responsabilité dans cette erreur. Moi aussi d’ailleurs, car quand je l’ai vu, je n’ai pas fait de rapprochement sur le coup.

Cet incident nous rappelle à l’ordre et nous fait voir la vulnérabilité du métier de concepteur. Il peut arriver qu’une idée, que l’on croit à la base valable, originale et percutante, ait déjà été exploitée auparavant. Dans un contexte similaire ou différent comme dans ce cas-ci.

Est-ce que l’agence aurait pu faire une recherche approfondie pour valider l’originalité de son concept ? Possiblement. En ont-ils eu le temps ? Ou le réflexe ? Je n’en sais rien.
Mais une chose est certaine, ceci est une preuve éloquente de l’importance de se bâtir une culture générale approfondie. Je l’ai toujours dit à mes équipes de création et à mes étudiants de la même université « intéressez-vous à tout. Architecture, culture, danse, littérature, affaires, politiques, etc. Plus on accumule de connaissances de toutes sortes, plus notre conception s’en verra enrichie… et plus on évitera ces moments qui créent embarras et controverse. C’est vrai que ce monument de Albert Speer est très reconnu et que les valeurs associées à ceci sont encore et toujours très dérangeantes.

Ceci dit, doit-on blâmer l’agence, l’équipe de création ou le client ? Je crois sincèrement que le mot blâme est fort, mais que la leçon que tous tireront de ceci est en soi une très bonne éducation des responsabilités et de la portée de nos métiers de concepteurs. Car l’idée en soi est plus que valable. L’essor, les lettres UL isolées du titre Propulsion, les lignes aux couleurs du logo, tout y est. Malheureusement l’interprétation graphique a fait en sorte que le nazisme s’est pointé le bout du nez et a semé sa zizanie inévitable.

En bout de compte, tout est bien qui finit bien car les acteurs impliqués ont réagi avec professionnalisme, célérité et justesse pour ajuster le tir. Pour ça, je dis bravo.

Et n’est-ce pas en partie de nos erreurs que l’on grandit et devenons tous meilleurs ? Je le crois sincèrement.
C’était samedi et nous sommes lundi. Le dossier est clos et on passe à autre chose.

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